Notre pétition pour l’obtention d’une Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine (AVAP) pour les quartiers du Cœur Volant et des Rougemonts qui vient de dépasser le cap des 1300 signatures aura été la grande absente des vœux du maire. Les annonces du maire de Louveciennes cette année pour le volet urbanisme furent : la mise en place en 2019 d’un éco-pâturage et d’un sentier botanique au parc des granges de « du Barry », un projet de deuxième maison médicale au Clos à la place de l’ancienne halte-garderie. Le maire a aussi dit que la commune était soumise à des projets « délirants » de la part des promoteurs et que la loi SRU obligeant la commune à disposer de 25% de logements sociaux était inadaptée à Louveciennes, ce que RACINE a soutenu régulièrement par le passé dans plusieurs écrits, en plaidant pour une approche de PLU intercommunaux du pays des impressionnistes en grand danger d’urbanisation massive. Ce faisant, rien ne l’obligeait à ignorer les assouplissements déjà voté en 2017 qui exonèrent de fait Louveciennes de se lancer dans cette course insensée à la densité en oubliant délibérément les transports : fréquence des trains, longueur de l’attente aux feux de circulation permettant de sortir de Louveciennes, rien n’a été sérieusement prévu.
En revanche peu de choses furent dites concernant les conséquences funestes à prévoir du PLU communal voté par le conseil
municipal le 6 décembre 2017. Ce vote a entériné le fait que la population de
Louveciennes devrait augmenter de 2160 habitants d’ici à 2030.
D’ores et déjà les travaux d’une nouvelle résidence à
Voisins qui vont rajouter 30 logements et 31 place de parking ont été passés
sous silence. La population verra les conséquences de ces nouveaux chantiers
dans les délais d’attente au feu, rue de la Princesse. En dépit des propos
rassurants la folie des projets de construction continue. A presque un an des
élections municipales le maire soudain comprend les inquiétudes de la
population mais sans ralentir pour autant l’attribution de construire tous
azimuts.
Le PLU revoit à la baisse de 10 logements ses objectifs
(1070 logements au lieu de 1080) et permet par le biais de permis modificatifs une
très forte augmentation de la densité des projets existants. Autrement dit il y
a loin de la parole aux actes !
L’aqueduc toujours menacé.
En ce qui concerne l’Orientation d’Aménagements et de Programmations (OAP) du Cœur Volant, deux permis de construire ont déjà été accordés pour la construction d’une barre d’immeubles d’une hauteur d’environ 13 mètres, comportant 136 logements répartis sur cinq immeubles. Ces immeubles vont complètement bouleverser la nature et l’environnement de ce quartier au pied de l’aqueduc de Louveciennes, monument historique classé. RACINE préconise toujours une urbanisation douce avec de petits immeubles sociaux s’intégrant dans le tissu actuel de Louveciennes. L’annonce, déjà faite l’an dernier et reprise cette année, d’une maison intergénérationnelle sur le « terrain Gaudet » prouve, s’il en était besoin, que cette politique d’insertion de logements sociaux dans le tissu urbain est faisable. Rappelons que le respect des obligations des logements sociaux (Loi ALUR et SRU) se fait dans le cadre de plans triennaux et que pour la période 2017/2019 cela signifiait 72 logements, chiffre parfaitement compatible avec de petites opérations respectueuses du cadre de vie unique de Louveciennes. Nous demandons une fois encore avec insistance qu’une AVAP soit élaborée pour l’aqueduc, les Rougemonts et le Chemin de la Machine en concertation avec les communes avoisinantes dans une perspective tant de préservation que de valorisation de lieux remarquables. Cela pourrait contribuer au développement du tourisme pour le pays des impressionnistes et au maintien des petits commerces du centre ville qui sont en situation dangereuse de dépérissement.
L’Aire de Valorisation de l’Architecture et du Patrimoine
(AVAP) est une servitude d’utilité publique créée par la loi du 12 juillet 2010
portant engagement national pour l’environnement, dite Grenelle II.
L’AVAP conserve les
principes fondamentaux de la Zone de Protection du Patrimoine
Architectural et Urbain et Paysager
(ZPPAUP).
Elle a eu pour vocation à s’y substituer à l’horizon 2015 en intégrant notamment, à l’approche
patrimoniale et urbaine de celle-ci, les objectifs du développement durable. Elle propose ainsi une meilleure prise en compte des
enjeux environnementaux, notamment ceux relatifs à l’énergie, et une
meilleure concertation avec la population. Afin d’articuler plus fortement la mise en valeur du patrimoine avec
l’ensemble des composantes de l’aménagement, elle crée les conditions d’une
plus forte coordination avec le Plan Local d’Urbanisme
(PLU).
Une AVAP peut être créée, sur un ou des territoires présentant un intérêt culturel, architectural, urbain, paysager, historique ou archéologique, à l’initiative de la ou des communes concernées ou de l’établissement public de coopération intercommunale lorsqu’il est compétent en matière d’élaboration de PLU. Ces procédures s’effectuent dans un cadre décentralisé, en partenariat avec les services de l’Etat. La ou les communes, ou l’établissement public de coopération intercommunale concernés sont maîtres d’ouvrage. Ils ont l’initiative de la procédure, la conduisent, adoptent le document, après accord de l’Etat, et décident de l’opportunité de le faire évoluer. Son élaboration et sa gestion relèvent d’une démarche consensuelle entre l’État et la collectivité compétente qui voit son implication et ses responsabilités renforcées. Elle crée notamment un nouvel équilibre entre les prérogatives de l’autorité compétente et celles de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF). Les dispositions de la loi CAP encouragent de fait la création de PVAP (des AVAP au niveau de la communauté de communes).
Obstruction de la Mairie, refus de communication de documents administratifs.
Tous les recours gracieux que RACINE, associée avec
Yvelines Environnement, Patrimoine et Environnement, la Société pour la Protection des Paysages et de l’Esthétique
de la France (SPPEF), contre le
déclassement des parcelles AL 33 & 35, leur déboisement, la délivrance de
permis de construire sur ces parcelles à ESH DOMNIS et à la « SCCV Les
jardins de l’Aqueduc » et contre le PLU ont été rejetés ce qui nous a
conduit à lancer des recours contentieux coûteux.
Nous nous heurtons à la volonté négative du maire qui n’a
pas daigné répondre à la
sollicitation de la Commission d’Accès aux Documents Administratifs
(CADA) pour que notre avocat
puisse prendre connaissance de l’intégralité du dossier au vu duquel le maire a accordé à la
« SCCV Les Jardins de l’Aqueduc » un permis de construire de 23
logements sur un terrain sis chemin de l’Aqueduc. La CADA a considéré que tous
ces documents étaient communicables. Cela fait suite aux difficultés que votre
président a rencontré
préalablement pour prendre connaissance de ce dossier, ou pas moins de trois
rendez-vous ont été nécessaires, rien que pour pouvoir simplement les consulter
en mairie. Cette absence de clarté est à l’image de la difficulté pour un
participant aux vœux du maire de se faire une image correcte de ce qui se passe
dans le programme d’urbanisation massive lancé par nos élus. Que va devenir le
pays des impressionnistes sans l’action de RACINE ?
Les touristes qui vont à Rome ou en Egypte sont
régulièrement choqués par les constructions intempestives qui parfois prennent
appui sur des bâtiments plusieurs fois centenaires et parfois millénaires, mais
jusqu’à présent, ceci n’arrivait pas en France. Cet état de fait regrettable
est en train d’arriver près de chez nous, dans les Yvelines, à Louveciennes
dans un département qui s’enorgueillit légitimement de son patrimoine. A ce rythme,
que restera-t-il de « Louveciennes, mon village », célébré par Monique et Jacques
Laÿ ?
Avec tous mes meilleurs vœux pour 2019
François Arlabosse
Président de RACINE